Footpatrol Meets | Monsieur Germain

25.05.23 Footpatrol Meets



FOOTPATROL MEETS: MONSIEUR GERMAIN 

Entre bon restaurant et visite de Bordeaux, nous avons eu la chance de discuter avec le designer de sneakers Germain Thomine, a.k.a. Monsieur Germain. L’occasion de retracer son parcours et de partager des anecdotes pour mieux comprendre son travail, et ce qu’implique la création de sneakers aujourd’hui. 

FP: Salut Germain, comment ça va ? Tout d’abord, merci d’avoir accepté notre invitation et de nous accueillir à Bordeaux aujourd’hui. On aimerait en apprendre un peu sur ta carrière et tes projets actuels. Pour ceux qui ne te connaîtraient pas encore, peux-tu te présenter et nous expliquer ce que tu fais ? 

MG: Salut ! Ça va très bien merci. Je m’appelle Germain Thomine et je suis designer Footwear spécialisé dans la performance. Ça fait à peu près 15 ans que je suis dans l’industrie de la chaussure / sneakers. J’ai commencé à Munich dans une agence qui s’appelle Creation & Focus où j’ai travaillé pour Puma, Diadora, et quelques projets un peu plus secrets à l’époque comme pour VANS par exemple. 

Petit à petit je suis tombé presque amoureux de la chaussure en général. Ma maman est une ancienne styliste et le rapport à la mode m’intéressait pas mal. Y ajouter le produit industriel avec ce combo entre le upper qui est généralement en textile donc très mode, et la semelle qui est plus rigide et performante donc design produit.
Après 5 ans chez C&F, j’ai été embauché par Mizuno en 2015 pour devenir Design Manager de leurs bureaux européens à Munich. J’y ai passé presque 4 ans en interne. J’ai travaillé sur différentes catégories : running, handball, volleyball, football, …
En 2018, on a eu l’idée avec Lucas Marchet et Wesley Tyerman de lancer une collection Lifestyle chez Mizuno. On s’est rendu compte qu’avec 110 ans d’ancienneté et les archives qu’ils ont accumulées, c’était dommage de ne pas exploiter une gamme Lifestyle.
On a donc développé toute cette gamme Mizuno Sportstyle en créant une histoire autour de la famille avec les Kazoku. Kazoku, ça veut dire famille en japonais et on avait créé tout un écosystème autour de cette catégorie Lifestyle avec des partenaires spéciaux comme Footpatrol.
Après ça, je me suis lancé en freelance parce que Mizuno déménageait et je ne pouvais pas me délocaliser de Munich. Je leur ai proposé néanmoins de continuer l’aventure ensemble et on a décidé de continuer en free. 

FP: Est-ce que tu peux nous en dire davantage sur ce que tu faisais chez Creation & Focus Agency, et les projets sur lesquels tu as travaillé durant tes années là-bas?

MG: J’étais en charge des produits Motorsport et de la partie Kids pour Puma. Pour Diadora j’ai fait du Running et du Cycling, donc j’étais orienté performance à fond. Je suis resté 5 ans dans cette agence mais j’ai été embauché un peu par hasard. J’ai une formation de design industriel et ils voulaient me prendre pour un projet avec Puma qui était d’intégrer une enceinte sur une chaussure. Je revenais d’un an de stage en Chine où je faisais des machines à laver, des machines à café, etc… J’avais donc mon bagage de designer industriel et ils m’ont contacté spécifiquement pour ce projet. Ça ne s’est pas fait pour une question de budget mais c’était très intéressant!

FP: Après ça, tu as été débauché par Mizuno entant que Footwear Design Manager. Tu as remarqué des différences ou des similarités entre les procédés japonais et ceux des marques allemandes ou italiennes pour lesquelles tu avais travaillé avant? On nous a aussi dit que tu étais le premier designer non-japonais chez Mizuno, est-ce que c’est vrai? 

MG: Alors sur le fait d’être le premier non-japonais chez Mizuno en tant que designer, je crois que c’est vrai mais je n’en ai pas la certitude haha. On m’avait dit que j’étais le premier européen à travailler pour la marque. Mais je sais que Tuan Le, qui est un designer légendaire chez Mizuno, n’était pas japonais mais vietnamien.
Dans les équipes, il y avait très peu d’occidentaux, même après ma venue. S’adapter au travail avec les japonais, ça demande beaucoup plus de rigueur qu’en france par exemple. J’avais déjà cette rigueur grâce à l’agence Creation & Focus qui était une agence allemande gérée par Rudolf Hieblinger, un autrichien qui est assez carré aussi dans sa démarche, son suivi de développement, etc. On va dire que j’avais déjà un moule bien établi.
La grosse différence, ça a été la différence culturelle au jour le jour. Ça a été hyper enrichissant de s’imprégner de cette culture japonaise qui est fascinante.

FP : Hier soir tu nous as dit que travailler au contact de cette culture japonaise a installé des pratiques dans ta vie quotidienne et dans ton travail que tu appliques encore aujourd’hui, même après avoir quitté l’entreprise. Est-ce que tu peux nous donner des exemples de routines ou de pratiques que tu as mises en place chez eux? 

MG : Un truc tout bête, c’est ma préparation du café le matin. J’ai découvert ça au Japon avec la culture du V60. J’aime le fait que ça soit vraiment comme une méditation le matin. J’ai besoin de presque méditer en faisant mon café le matin pour commencer ma journée convenablement. Sans ça, c’est vrai que la journée peut vite être mal lancée. J’aime bien prendre mon temps, prendre du plaisir et bien faire les choses. Ça a un impact sur le travail de la chaussure, avec Mizuno et maintenant avec mes autres clients, c’est que j’aime bien aussi prendre mon temps et faire ça bien. Le Japon, et chez Mizuno particulièrement, c’est vraiment la recherche du développement. C’est vraiment un pays d’ingénieurs, c’est plus de l’ingénierie que du design. Du coup ça revient un peu sur ce que je te disais au départ : je suis plus un designer industriel qu’un designer de sneakers à la base. En tous cas je m’identifie plus comme ça. J’ai un rapport au produit qui est assez poussé en termes de développement. 

FP: Tu as travaillé sur de nombreuses catégories allant du football et running au Sportstyle. Quels ont été les projets les plus challengeant ?

MG: Yes y en a pas mal ! On va dire que le Sportstyle c’était quelque chose d’assez nouveau pour moi parce que je pars avec un background très technique, très “performance”. Quand on a lancé cette partie là, vu que je ne suis pas non plus un fan inconditionnel de sneakers à la base, j’ai dû apprendre “sur le terrain”. Ça c’était challengeant au départ, mais petit à petit j’ai su bien m’entourer de personnes qui étaient ultra qualifiées pour me guider là où il fallait et me faire connaître toute cette culture en détail. L’approche stylistique de la basket, c’était le plus challengeant.
Pour l’approche technique, concernant les produits sur lesquels je travaille, y en a pas qui sont plus challengeants que d’autres. J’aime bien travailler avec des marques qui sont plutôt des marques “Lifestyle” mais leur apporter une part de performance. Que ce soit du confort, une nouvelle technologie sur des typologies de produits comme du running, du trail, du hiking, … J’aime bien apporter cette touche de performance et de sport sur ces produits. 

FP: Tout à l’heure tu nous as montré des produits sur lesquels t’as travaillé pour Aigle. En regardant la paire, on retrouve des éléments de la Kobe 5, mais aussi de la Air Max 95 ou encore de la TN 2. On voit que tu as vraiment plongé dans le côté Lifestyle et “culture” sneakers pour trouver des inspirations. C’est quelque chose que tu t’es approprié facilement ? 

MG: Yes ! Ça vient aussi du coup de crayon. C’est un flow, j’y vais comme je le sens. En l’occurrence, la paire est inspirée de la topographie du Parc des Buttes-Chaumont. C’est plein de lignes, de courbes topologiques, et l’idée c’était d’avoir un produit travaillé sur ces points là. Après j’aime bien regarder les références qu’il peut y avoir. C’est vrai que la 95 fait partie des produits qui jouent vachement sur les courbes, les différents niveaux de layers qui m’inspirent beaucoup. Mais c’est tout un travail : ne pas copier mais prendre l’inspiration partout. Il y aussi la recherche de matière, la technicité, la performance, le confort, la thermorégulation… Sur plein de choses en fait. Sur tous les produits il y a toujours énormément de recherches et c’est ça qui est intéressant. 

Particulièrement pour ce projet là, je pense que c’est pas spécialement là où on attend Aigle. Ça fait partie des challenges qui sont intéressants à relever : pousser une marque dans ses retranchements et proposer soit de nouvelles catégories, soit un nouvel horizon pour des produits existants mais plus “spéciaux”. 

FP: En te lançant en freelance, est-ce que tu as ressenti une sorte de liberté que tu n’avais peut-être pas lorsque tu designais en interne? Comment s’est passée la transition lorsque tu as commencé à travailler pour toi-même? 

MG: Carrément ! Je ressens beaucoup plus de liberté. Ce qui est fascinant aussi dans l’approche freelance c’est d’avoir des interlocuteurs différents en fonction des marques avec lesquelles tu traites. L’approche est complètement différente aussi, que ça soit dans la stratégie, dans le produit, dans la communication, dans le développement. Certaines marques ont des développeurs in-house, d’autres n’en n’ont pas. Donc je dois faire en fonction de la marque avec laquelle je travaille. Je dois aussi apporter mon réseau, mes fournisseurs, c’est tout un ensemble. Le réseau s’agrandit aussi. C’est cette flexibilité qui est agréable : je choisis mes clients à peu de chose près et c’est hyper confortable. Ça permet d’aller là où tu veux aller. En interne, des fois tu es confronté à des décisions de managers etc… En externe, tu as moins ce rapport hiérarchique. Je rends un service et j’apporte mon histoire de A à Z. Je gère mon développement produit et je vais du premier coup de crayon ou la “première phrase l’histoire” jusqu’au produit fini qui est sur l’étagère de la boutique. 

FP: Y a un terme que j’aimerais évoquer avec toi : c’est l’éco-design. Au fil de ta carrière, c’est une pratique et un style de design qui te tient à cœur. Est-ce que tu peux nous parler de comment tu l’as approché et comment tu as essayé de l’introduire dans tes designs pour tes clients? 

MG: Ça s’est fait relativement rapidement dans ma carrière parce que déjà quand je travaillais chez Creation & Focus, j’étais assez penché sur le sujet et sur le fait de minimiser les colles et les matières synthétiques à base pétrole. J’essaye de travailler plus sur un produit qui soit orienté sur la recyclabilité. C’est venu assez tôt mais lorsque j’étais en interne c’était compliqué de faire bouger les lignes chez Mizuno parce que les décisions ne sont pas forcément celles que tu as envie de prendre à cause de la structure hiérarchique et budgétaire.
Par contre en freelance, généralement on m’appelle spécifiquement sur ce genre de missions. Je travaille sur une approche “from scratch”, de zéro jusqu’à la fin en pensant à tout le produit et à la supply-chain qui passe par les matières ou les usines avec lesquelles on traite. L’éco-design, c’est pas juste avoir un coton bio et une chaussure recyclable. C’est avoir une éthique de A à Z. Je sais très bien que les produits que je développe peuvent être mieux, encore plus réfléchis en termes d’approche écologique, mais ce qui m’importe le plus c’est qu’il y ait une éthique environnementale et sociétale sur toute la ligne. Travailler avec les usines qui sont socialement correctes, que ce soit bien fait, payé à juste valeur. J’estime que mon travail est un travail de designer mais pour une chaussure, il y a 50 paires de mains qui vont la toucher pour la développer. Si dans ces 50 paires de mains, il y une personne qui se fait maltraiter, l’éthique n’existe plus. Sur le côté vraiment écologique, je suis en perpétuelle recherche de nouvelles matières et de nouvelles technologies qui font avancer les choses. C’est très compliqué, mais je tiens vraiment à tendre vers ça. 

FP: Tu aurais des exemples de produits avec lesquels tu aimes travailler? 

MG: Il y a pas mal de fournisseurs et d’acteurs qui font de bonnes choses. Par exemple, Arkema avec leur Pebax qui est fait à base d’huile de ricin. C’est une mousse pour la semelle qui est bio-sourcée. Il y a une vraie recherche écologique et ça fait partie des matières les plus intéressantes pour la semelle, sachant que c’est la partie de la chaussure la plus challengeante pour une approche écologique. 

FP: Petite question sortie de nulle part, si TU étais une paire, tu serais laquelle? 

MG: Je sais pas si c’est vraiment pour sa conception ou son utilité mais j’ai un faible pour la Cortez. C’est LA paire de chaussures que j’admire parce qu’elle est toute simple au final. La Cortez OG, c’est la paire que j’adore. 

FP: Une petite partie de culture ou de nostalgie par rapport à Forrest Gump ? 

MG: Je sais pas, il y a une approche athlétique mais en même temps elle est un peu bulky… Je la trouve marrante en fait. 

FP: C’est un choix intéressant en sachant tout ce que tu fais dans tes designs. On revient à un truc assez simple. 

MG: C’est très simple ! Et ce que j’aime c’est le fait qu’elle soit simple. C’est cette approche d’humilité en fait. Elle est efficace, le Swoosh est énorme : c’était le plus gros Swoosh à l’époque. En fin de comptes la construction est basique et elle fait le job. 

FP: Merci pour ton temps aujourd’hui Germain ! C’était super intéressant. Aurais-tu un dernier mot pour la communauté de Footpatrol? Un message pour ceux qui souhaiteraient devenir designer plus tard? 

MG: Déjà merci à toute la Team FP, à vous deux pour ce bon moment ! Et pour ceux qui veulent se lancer dans le design, allez-y ! Allez-y. Il faut bien s’entourer et faire partie d’une communauté, c’est important de plus en plus aujourd’hui. Et essayez d’avoir une éthique, c’est important aussi. Pour créer il faut être plusieurs, comme je disais : une paire de chaussures c’est minimum 50 paires de mains qui la développent, donc rencontrez des gens, partagez et construisez votre équipe. C’est la partie la plus cool. 

Au cours de notre échange, Germain portait la Hoka Project Clifton “Avocado”. La paire est toujours disponible en magasin et en ligne chez Footpatrol.

Publication recommandée
Adidas X Youth Of Paris “Belong to Paris…”

06.05.23 General



À l’occasion de la seconde collaboration entre Adidas et Youth Of Paris, nous avons souhaité mettre en avant la jeunesse parisienne en permettant à 5 créatifs de personnaliser la paire.
La paire faisant office de toile blanche, chacun d’entre eux a posé sa patte pour transformer la paire à son image.

À travers cet édito, Gabin, Pierre, Raphaël, Solomon et Yanis nous présentent qui ils sont et leurs visions de la Adidas X Youth Of Paris Campus 80s “Crystal White”.


Pierre

Salut, moi c’est Pierre, plus connu sous le nom de ‘’ GBCPIERRE “.
J’ai 21 ans et je viens de Mulhouse en Alsace. J’ai vécu 12 ans en banlieue Parisienne. Je suis graphiste, j’ai commencé à faire ça petit. Vers l’âge de mes 12 ans, pour des chaines youtube et des logos pour équipe de Trickshot sur Call Of Duty.
J’ai arrêté les études y’a de ça 2 ans maintenant pour me mettre a fond dans le graphisme. Depuis, j’ai beaucoup évolué dans mon style graphique et réussi à me créer une vraie communauté sur Instagram. Je travaille principalement dans le domaine de la musique pour tout ce qui est cover, poster, merch etc.. Je bosse aussi dans le domaine de la mode avec diverses marques de vêtements. Je prévoie de release une collection de vêtements personnels d’ici la fin d’été. En guise d’exemple j’ai travaillé avec ASAP ROCKY, LIL UZI VERT, SUICIDEBOYS, LANCEY FOUX et pleins d’autres de tous niveaux et nationalités.

J’ai un lien assez fort avec la Ville de Paris, j’y ai vécu jusqu’à mes 12 ans.
Je ne vis pas dans la capitale mais j’y suis la plupart du temps, pour le travail, les amis et plus principalement ma copine. J’adore cette ville, son architecture et toutes ses possibilités culturelles. On s’y sent toujours bien et elle m’inspire énormément. Ce qui m’inspire le plus dans Paris, c’est sûrement ses murs : ses graffs et les vieux posters que personnes n’a jamais décollé. J’aime beaucoup ses diverses boutiques de vinyls. Y’a rien de mieux pour moi que de chercher dans des bacs remplis de vieux vinyls.

Ma personnalisation de la paire me représente car dans mon art la chose la plus importante est la texture. Je suis très méticuleux sur le rendu texture de mes créations et je voulais faire paraître cet effet de texture sur les chaussures. J’ai utilisé divers objets métalliques comme des chaînes ou des agrafes car je voulais y ajouter un contraste et un côté trash, punk. Je suis très inspiré par la culture punk c’est pour ca que je me suis amusé à gribouiller et écraser une cigarette dessus.
C’était important pour moi de laisser une empreinte ‘’ Youth OF Paris ‘’ dessus en signant avec le nom.


Raphaël


Salut ! Moi c’est Raphaël.
J’ai toujours aimé la ride : traîner au skatepark depuis que je suis petit, ça ne m’a jamais lâché.  La sneakers et le skate à Paris ont toujours été liés et c’est comme ça que j’ai été introduit à la culture basket.
La trace que j’ai laissée sur la Campus Youth Of Paris, c’est celle du grip de ma planche, qui frotte la paire quand je fais des tricks.


Solomon

Je m’appelle Solomon et je suis étudiant à la fac. En parallèle, je suis designer pour ma marque éponyme : Solomon Zahui.

Je suis né et j’ai grandi ici. Jusqu’à présent, je n’ai jamais vécu ailleurs qu’à Paris.
En tant que designer, Paris m’inspire par son aspect multiculturel. Je pense que j’évolue en tant que personne et dans mon art en côtoyant des personnes de cultures diverses. Paris me permet de m’ouvrir au monde et m’en inspirer pour mes créations.

Pour ma personnalisation de la paire, je suis parti sur la création d’une over shoe afin de rajouter ma touche personnelle à la chaussure
sans dénaturer le modèle, c’était mon challenge!
J’ai appliqué à la chaussure mon motif “feuillage” revisité dans une autre couleur que du noir. J’ai choisi de faire mes feuilles bleu-gris car je ne voulais pas une couleur opposée à celle de la chaussure, mais je voulais pas non plus faire un ton-sur-ton complètement.
J’ai voulu continuer mes clins d’œil aux couleurs de la chaussure en choisissant une couleur “lila” pour coudre les feuilles sur le upper, afin de rappeler la couleur de la semelle. Enfin, j’ai choisi de faire passer les lacets par dessus et entre les feuilles pour rajouter plus de volume à la chaussure.


Yanis

Je m’appelle Yanis, j’ai 21 ans. Je suis un passionné et un “chineur” de vêtements principalement vintage. J’utilise mon compte instagram Local Case pour parler de ça et vendre les pièces que je trouve.
Mon projet se base sur pleins de styles et d’éléments culturels qui ont marqués de près ou de loin la mode qu’on connaît tous aujourd’hui.

J’suis né à Paris et j’ai grandi dans l’Est parisien. Depuis mon adolescence je bouge partout dans la capitale. Ça m’a permis de rencontrer du beau monde et de me créer des influences. De Répu quand j’étais ado pour aller skate et être avec mes potes au Marais maintenant pour le travail. La culture de Paris, elle est dans la quantité de styles qu’on peut voir juste en sortant de chez soi. Dans les discussions qu’on peut avoir avec des anciens qui parlent d’une époque et d’un mode de vie qu’on a pas connu à des plus jeunes qui ont l’âge de mon p’tit frère et qui s’habillent comme ces anciens. Cette culture dont on parle, elle est dans la rue.

Il n’y pas vraiment de personnalisation sur ma paire, je l’ai juste portée comme chacune de mes paires : sans faire attention à rien. On porte trop d’attention à l’état de nos paires. On oublie que c’est fait pour être usé, c’est ça qui donne son charme à un produit. Avec mon taffe je sais qu’un jean neuf n’a aucun charme : c’est avec le temps qu’il s’adapte à toi et qu’il devient unique. Pour moi c’est exactement pareil avec cette paire, les matériaux que Youth a utilisé dessus sont faits pour ca.


Gabin

Je m’appelle Gabin, j’ai 18 ans et je suis en études de management à l’IFM. À côté de ça, je suis surtout passionné par les vêtements vintages de créateurs contemporains, provenant principalement des années 1990/2000. Cette passion pour la mode, je la retranscris à travers un projet que je mène depuis 2/3 ans qui s’appelle “Mysterium Museum“. J’y parle de cet enthousiasme que j’ai pour la culture de la mode à base de longs écrits faits par mes soins. J’expose sur ce dernier mes pièces archives de créateurs avec des postes rédigés sur lesquels j’explique l’histoire du designer qui les a imaginées, ainsi que les inspirations derrière ces vêtements, leurs caractéristiques qui les distinguent des autres… C’est une sorte de musée digital.
Mises bout à bout, chacune des pièces exposées racontent à la fin une histoire importante ayant contribué à la mode qu’on connaît aujourd’hui. Essentiellement passionné par des créateurs comme Helmut Lang et Raf Simons, la plupart des vêtements que je propose sont imaginés par des designers Européens. Il m’arrive de vendre les pièces que je trouve sur ce projet, mais mon but ici est réellement de développer cet aspect culturel de l’archive qui est peu mis en avant en France. Je veux davantage mettre en avant cette culture niche pour le vêtement vintage de designers, car c’est en partie grâce à cette dernière que l’on comprend pourquoi certaines choses sont faites aujourd’hui dans l’industrie de la mode.

Je viens du 18ème arrondissement. Je suis né et j’ai grandi ici. Je pense que c’est l’endroit le plus propice de la capitale pour développer une culture artistique ainsi qu’un goût pour la mode. Paris est un endroit fabuleux en termes d’inspirations et de culture, mais elle a aussi ses défauts. On se sent vite étouffé dans cette ville car en réalité Paris est bien plus petit qu’on ne le pense. Comparée à d’autres villes comme Tokyo ou encore New-York, je trouve que Paris a perdu de son essence mode. Aujourd’hui, je n’ai pas vraiment l’impression qu’on puisse parler d’un style en particulier dans notre ville, ni même de “mode”. D’ailleurs, je ne pense pas avoir un lien si important que ça avec ma ville, dans le sens ou j’ai toujours été en décalage avec ce qui était jugé “tendance” ici. Quand tu t’intéresses à un milieu de niche, tu te retrouves vite à te sentir en décalage avec ce qui t’entoure, et c’est mon cas depuis plusieurs années. Ici, il n’y a pas de communauté pour le vêtement archive. C’est un phénomène très récent qui provient d’ailleurs. Je ne me sens donc pas réellement inspiré par Paris quand cela vient au monde de la mode. Je suis forcément inspiré par ma famille et mes amis avec qui je traine tous les jours, mais je pense que Paris m’influence plus sur d’autres plans comme l’architecture, l’art ou encore le design plutôt que la mode en elle-même. 

J’ai opté pour un custom assez brut basé sur l’idée de peindre la paire de chaussure en noire. Quelque chose qui s’aligne parfaitement sur mon énergie et mon style basé sur des tenues full black. Le but ici était de la recouvrir d’une entière couche de peinture noire pour avoir ce premier rendu d’objet uniforme sans détails, puis, d’endommager intentionnellement la paire à la main pour avoir cet aspect vieilli et unique pour en faire ressortir les caractéristiques propres de la collaboration. Ça donne ce contraste unique mettant en valeur la chaussure avec le talon Adidas en plastique qui ressort, la matière denim devenue grise une fois détériorée…
Certains pourraient y voir une simple inspiration provenant du créateur Martin Margiela avec ses vêtements artisanaux peint en blanc, designer que j’admire soit dit en passant, mais je pense que ce custom est en premier lieu né de la volonté d’avoir un objet imitant les traces du passé. Beaucoup de gens sont soucieux de l’état de leurs vêtements et ne veulent pas les endommager, moi je trouve que c’est ce qui les rend meilleurs et encore plus beaux.
C’est ce que j’ai voulu retranscrire sur ce custom: une paire de chaussure au procédé artisanal puis détériorée volontairement pour avoir un objet unique qui me ressemble et rejoigne mon style, qui représente ma vision de ce qu’est la mode pour moi.

La Adidas X Youth Of Paris Campus 80’s “Crystal White”, ainsi que le coloris “Core Black” sont toujours disponibles en magasin et sur Footpatrol.fr.

(more…)

Publication recommandée
Youth of Paris x Adidas campus 80’s, comme un souffle créatif chez Footpatrol

01.05.23 General



Très ancrée dans la culture Parisienne depuis 2016, la marque Youth of Paris revient en ce mois de mai 2023 pour une nouvelle collaboration avec Adidas.

Pour cette sortie, Alex, le créateur avec Footpatrol ont choisi 5 profils issus de région parisienne afin d’exprimer leur créativité sur la nouvelle Youth Of Paris x Adidas campus 80’s.

Salut Alex, tout d’abord qu’est-ce que Youth of Paris ? Pourquoi ce nom et d’où viennent tes inspirations ?

Youth of Paris est un label indépendant poussé par la créativité autour du stylisme et du design, inspiré par l’histoire et la culture Parisienne.

Chaque créatif doit garder une forme de jeunesse dans l’art qu’il met en œuvre. Paris étant un point artistique central à l’international, c’est de là que j’ai fait le lien pour le nom au tout début. En sachant que certaines personnes ne pouvaient pas se rendre à Paris, je voulais montrer un contenu assez exclusif et passionnant via les diverses plateformes, puis via la marque et les divers projets sur lesquelles j’ai travaillé.

Toi-même étant issu de région Ile-de-France, qu’est-ce que t’évoque la jeunesse Parisienne aujourd’hui ?

La jeunesse parisienne possède une histoire tellement forte que le passé est toujours encré dans son ADN. La révolte est l’une des premières choses qui me viens à l’esprit.

On sait que tu as passé 2 ans sur cette nouvelle collaboration avec Adidas. Peux-tu nous expliquer comment ça s’est passé ?

J’ai commencé à travailler durant l’été 2020, en plein confinement. C’était une expérience assez folle car tout s’est fait en digital. Pas de rencontre physique avec les collaborateurs. C’était une nouvelle façon de travailler, qui a certainement changé beaucoup de choses dans de nombreux domaine.

Pour cet édito, tu as choisi de mettre en avant 5 profils Parisiens pour personnaliser la Youth of Paris X Adidas Campus. Quel est ton objectif à travers cette proposition ? 

Le milieu artistique est très compliqué en général, c’est bien connu. Je n’ai pas fait d’école de mode ou quoi que ce soit. C’est ce qui m’a fait redoubler d’effort dans ce que j’entreprenais. J’avais des tas de projets dans la tête à certaines périodes de ma vie, et je ne savais pas où aller, ou postuler. Je me suis focus sur moi-même et vers qu’elle direction je souhaitais aller. L’ADN de Youth of Paris est de parler des autres créatifs qui sont passionnés par ce qu’ils font.

L’image que tu montres est dans une ambiance anti-système, est-ce le cas dans les démarches de ton label ?

Quand tu es jeune et que tu démarres tes projets, tu vois à quel point le système est complexe, surtout dans le milieu de la mode. Les portes son verrouillées. J’ai fait des stages dans de grandes maisons, je faisais des propositions pour développer des projets, des collaborations, personne ne voulait entendre. J’en suis arrivé à un point à me dire : « C’est vraiment ici que je veux évoluer ? ». Grâce à ça, je me focus sur la suite. J’ai commencé Youth of Paris pour être fidèle à moi-même. Honnêtement, j’étais frustré et en colère face à ce système. Par la suite j’ai simplement suivi mon instinct.

Que penses-tu de la mode parisienne et des marques streetwear ?

Je ne fais pas vraiment attention à la mode parisienne, ce qui m’intéresse est l’univers et la DA de certaines marques à Paris et ailleurs. Aujourd’hui, chaque marque est à l’image des designers.

Il y’a plein de jeunes marques parisiennes qui font de très belles choses. Ça fait plaisir de voir qu’au fil du temps, le monde entier porte toujours un tel intérêt pour Paris. Les Fashion Weeks à Paris font bouger des gens du monde entier. Personnellement je ne me rends pratiquement plus aux défilés, je préfère me rendre aux showrooms de marques qui m’intéressent pour échanger et cerner les univers. En France, il y a une façon de porter les vêtements qui n’existe nulle part ailleurs. En revanche, ce qui ne me plaît pas vraiment, c’est l’idéal bourgeois et conservateur qui surgit parfois trop souvent en France et particulièrement à Paris.

Peux-tu nous parler du processus de création avec Adidas pour ta collaboration ? Pourquoi ces choix de matières ?

Le processus s’est fait facilement. Mes idées fusent très rapidement en général. J’ai fait les propositions en live durant un meeting. J’ai renvoyé des croquis mais on devait faire valider le fait que le logo soit recouvert par des coutures.

Heureusement, ils ont suivi, et je suis assez fier que ce soit l’une des seules paire Adidas de ce genre j’avoue !

Pour le choix des matières je voulais un délire assez différent. Sachant que la campus 80s est une paire qui a du vécu et un lourd passé culturellement. Il fallait rester dans un coté « old school/vintage ». Le jeans était le bon choix je pense pour ce type de paire.

Connaissais-tu le model avant ? Est-ce toi qui a fait le choix de travailler sur ce modèle ?

La campus c’est une paire que tu pouvais voir portée par Mike D ou Liam Gallagher des gars que j’admire depuis que je suis tout petit en terme style donc clairement c’était un modèle que je onnaissais. J’ai porté cette paire étant plus jeune, ils ont fait des collaborations incroyables sur ce modèle ! Ma préférée était celle avec House Of Pain qui est l’une des campus les plus rares, et aujourd’hui, c’est Adidas qui me l’a proposé.

As-tu un autre model Adidas que tu apprécies ?

Il y’a beaucoup de « classiques » chez Adidas et c’est ce que j’aime. Ils ont un passé tellement important en terme de design, et une vision à long terme incroyable avec des innovations au niveau des matières… Je m’en suis rendu compte lors de ma visite au HQ en Allemagne. J’aime aussi beaucoup la ligne Adimatic, c’est une paire que je porte souvent en ce moment de par son confort et sa silhouette.

Qu’est ce qui t’inspire le plus aujourd’hui ?

Aujourd’hui l’industrie s’inspire de tout le monde. Des moodboards sont épinglés aux murs des studios avec des travaux d’autres créatifs, et on veut te faire croire à l’invention d’un nouveau sweat à capuche…

Dans les grandes maisons, des personnes sont payées pour être sur Instagram et scruter des comptes de petites marques pour les copier.

Je vies en banlieue parisienne, je me déplace en transport la plupart du temps. C’est ce qui, pour ma part, m’inspire le plus. Être confronté à une réalité que certains ne voient plus depuis longtemps !

Le modèle noir étant ta première paire, pourquoi as-tu choisi le blanc pour la seconde ?

Après avoir drop la paire en janvier 2022 sur mon site, Adidas m’a recontacté pour savoir si j’étais intéressé de poursuivre avec eux et d’enchainer avec un autre model qui était la campus 00 ou de rester sur la base de la campus 80s. J’ai fait des tests de la blanche avec quelques accents de couleurs au niveau de la sole et ça matchait parfaitement. J’ai testé également sur le packaging et c’était dans la boite (lol) !

Quel message aimerais-tu envoyer aux générations qui démarrent dans le milieu du design ?

De rester soi-même, peu importe ce que les gens disent ou pensent, rester focus et déterminé !

Publication recommandée